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Le coût du décrochage scolaire

Le décrochage scolaire a un prix, autant pour celui qui n'a pas de diplôme que pour l'ensemble de la société. Pour une première fois au Québec, le coût du décrochage a été chiffré et le coût de la facture est de près d’un 500 000 $ par décrocheur qui n’obtient pas un diplôme d’études secondaires. C'est la conclusion à laquelle est arrivée l'économiste Pierre Fortin, professeur à l’UQAM. Ce constat a été corroboré par la firme de consultants McKinsey & Compagnie et présenté lors des Journées interrégionales sur la persévérance scolaire et la réussite éducative tenues les 30 et 31 octobre dernier au Château Mont-Sainte-Anne, à l’initiative des Partenaires de la réussite éducative des jeunes dans les Laurentides (PREL) et de ses collègues régionaux.

Le décrochage entraîne deux sortes de coûts économiques pour la société. Un revenu moindre pour les sans-diplômes et incidemment pour les recettes fiscales des gouvernements et les dépenses sociales qui sont plus importantes pour soutenir ces sans-diplômes.

Alors que le revenu annuel moyen des décrocheurs est de 25 000 $, celui des diplômés et des décrocheurs temporaires est de 40 000 $. C’est en se basant sur ces données primaires que M. Fortin a fait ses calculs. C’est ce qui explique que pour un jeune diplômé de 20 ans, au bout de 45 ans de vie active, il obtiendra un gain de revenu cumulatif par rapport à un non diplômé de 439 000 $.

Pour une cohorte de 90 000 jeunes québécois dont le taux de jeunes sans-diplômes passerait de 12 % (données de Statistique Canada en 2006) à 9 % (objectif plutôt modeste à atteindre), le gain cumulatif sera de l’ordre de 1 186 millions de dollars[1] constants de 2008.

Si nous faisions l’exercice pour toutes les cohortes à venir, l’abaissement du taux de sans-diplôme à 9 % ajouterait 22 milliards de dollars à la richesse québécoise. Il est important de souligner que la baisse du taux de sans-diplôme permettrait à l’État de déplacer ses dépenses sociales vers d’autres fins utiles. Les retombées favorables profiteraient entres autres à améliorer le système de la santé, l’éducation, les infrastructures et pour aider les plus démunis d’entre nous.

«Le coût économique du décrochage est visiblement énorme, mais il ne faut pas perdre de vue que le coût social est encore plus grand», affirme Lyne Deschamps, directrice du PREL. Et ces coûts sont difficilement quantifiables. Mais peu importe les calculs, l'important est de prendre conscience que le décrochage scolaire coûte extrêmement cher à la société québécoise.


[1] 90 000 x (12%-9%) =  2 700 x 439 000 = 1 185 000